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L’Écharpe Soie & Lin AP x Soieries du Mékong : un voyage chez l’artisane

Chez Atelier Particulier, cette écharpe, nous l’aimons particulièrement parce qu’elle représente à 100% la mission que l’on s’est donnée en 2013 : dénicher et valoriser le savoir-faire.

Avec cette pièce, nous repoussons les limites de notre projet, en mettant pour la 1ère fois  en avant un savoir-faire du monde dans le cadre des Dénicheurs du savoir-faire.

Aujourd’hui, nous avons le plaisir de vous présenter une entreprise unique en son genre : Soieries du Mékong. Avec eux, nous vous donnons accès à une toute nouvelle expérience : le tissage fait main. 

On le précise tout de suite, cette collaboration artisanale est, par l’essence même du savoir-faire mis en œuvre, très limitée : 200 écharpes (100 de chaque couleur).

Mais avant de vous en dire plus, on aimerait revenir sur la genèse de cette histoire.

Petit avant-goût de l'écharpe, attendez de la voir de près ;)

Lorsque nous avons rencontré Soieries du Mékong la première fois, nous avons été « chamboulés ».

Pourquoi ?

Car de la part de cette marque de foulards cambodgiens – émanation de l’ONG « Enfants du Mékong » (créée en France en 1960 et qui vise à parrainer des enfants cambodgiens) – on s’attendait à découvrir des kramas en coton traditionnel. Comme il en existe un peu partout au Cambodge.

Eh bien pas du tout !

Non seulement Soieries du Mékong est une marque (très) engagée mais, en plus, leurs pièces sont incroyables de qualité – tant de la matière que du tissage – et de beauté.

Parmi les symboles de la culture du Cambodge, le temple d'Angkor, long de plus d'un kilomètre cinq

Nous qui sommes habitués des ateliers français et italiens notamment, qui servent le Luxe au quotidien avec les plus hauts standards de finitions, on ne s’attendait pas à cela.

Direction le Cambodge donc, pour vous (dé)montrer que « qualité d’exception » rime aussi avec « savoir-faire du monde » !

Présentation Soieries du Mékong

 Un terreau de savoir-faire très fertile

C’est un secret bien gardé des connaisseurs.

Les plus belles soies viennent d’Asie, et en particulier du Cambodge. Une soie – fine ou sauvage – aussi belle à la vue qu’au toucher.

Là-bas, on la travaille depuis toujours.

Historiquement, chaque famille possède son propre métier à tisser et confectionne ses propres étoffes.

Le savoir-faire du tissage mauel se transmettait de génération en génération

Mais dans les Années 70, les Khmers rouges ont banni cette activité jugée trop « bourgeoise ».

Par la suite, les métiers à tisser disparaissent peu à peu. Excepté dans quelques régions du pays.

Parmi celles-ci, la petite commune de Banteay Chmar, au Nord-Ouest du Cambodge.

Depuis Paris, s’y rendre n’est pas une mince affaire : il faut atterrir à Siem Reap puis parcourir 4h de routes plus ou moins caillouteuses.

Sur la route de l'atelier Soieries du Mékong

Cette région, très appréciée pour ses temples, a su préserver en partie sa sériculture (élevage du ver à soie), quelques métiers à tisser ainsi que son savoir-faire dans le tissage.

C’est en constatant cela sur le terrain que l’ONG Enfants du Mékong a eu l’idée de revaloriser et redévelopper ce savoir-faire perdu !  

En réalité, ce constat est né d’une rencontre, entre Philippe de Pougnadoresse et Neak Krou. Elle lui explique qu’avant le génocide perpétré par les Khmers rouges, les femmes de cette région du Nord maîtrisaient l’art du tissage de la soie. La transmission de ce savoir-faire ne tient qu’à un fil, car Neak Krou est la seule à maitriser encore chacune des étapes du tissage.

Philippe de Pougnadoresse, l'un des grands artisans de la création de Soieries du Mékong.

Ils ont donc créé, ensemble, « Soieries du Mékong », une entité qui vise à confectionner et à vendre des foulards traditionnels. Dans un triple objectif :

  1. Faire perdurer ce savoir-faire ancestral
  2. Donner du travail à des femmes dans des régions déshéritées
  3. Financer (un tout petit peu) les activités sur le terrain de l’ONG  

Et l’une de ces réalisations est donc l’écharpe que l’on a créée ensemble.

Derrière cette pièce, plusieurs millénaires de savoir-faire, et un très beau projet

Des techniques de tissage traditionnelles

Aujourd’hui sur le marché, tous les métiers à tisser sont des métiers mécanisés. Il reste un travail humain de préparation du métier à tisser non négligeable. Mais une fois le métier lancé, il tourne tout seul (sauf en cas de pépin, où le technicien doit à nouveau intervenir).

C’est un savoir-faire plus moderne que l’on connait bien, car plusieurs de nos ateliers ont ce type de métier à tisser.

Ici, chez le tisserand italien qui confectionne certaines de nos écharpes !

Rares sont les zones géographiques où il reste des métiers manuels.  

En effet, cette technique est à la fois beaucoup moins productive (= le temps de tissage est beaucoup plus long) et nécessite une grande expertise & minutie, car la main de l’artisan a vite fait de « déraper ».

Ce qui est incroyable chez Soieries du Mékong, c’est que leurs écharpes – pourtant tissées sur des métiers manuels – sont parfaites de régularité. Seule la matière apporte son lot de surprises et d’unicité.

Notre écharpe est un bon exemple. Son blend se compose à 70% de lin et 30% de soie. Aussi sa main est douce et son apparence lumineuse comme de la soie. Le lin quant à lui apporte de la légèreté et de la texture.

La finesse du tissage manuel se repère au premier coup d'oeil. C'est une vraie prouesse technique.

Tout cela en dit long sur le savoir-faire historique du Cambodge en la matière, sur l’application de ses artisans, et sur l’accompagnement expert de Soieries du Mékong, qui forme chaque année de nouvelles tisserandes.

D’ailleurs, cela nous permet de mettre en lumière le travail réalisé par Soieries du Mékong depuis sa création :

  • 60 personnes du village de Banteay Chmar ont un travail digne
  • Par répercussion, plus de 350 profitent de ce projet artisanal
  • En 2020, 13 nouvelles tisserandes ont pu être formées
  • En 2020, 6 200 pièces ont été confectionnées (soit moins de 30 par jour)
Ici, rien ne sert de se presser, le tissage manuel exige patience et minutie

S’inspirer du savoir-faire local

Vous le savez, qui dit Dénicheur du savoir-faire dit archive d’atelier. Ici, l’archive n’est pas stylistique, elle est plutôt technique.

Quand il a été question du design de nos écharpes, nous avons souhaité rester au plus proche des traditions locales et de l’expertise des tisserandes.

On a donc demandé à Soieries du Mékong de nous présenter les techniques de tissage les plus représentatives de leur savoir-faire.

Après des années entières à perfectionner leurs gestes, les tisserandes sont d'une précision et d'une fluidité impressionnantes.

Et c’est finalement sur un tissage « mixte » que l’on s’est arrêté. On y a mêlé des motifs de tissage traditionnels en chevrons, du faux uni, un liseré de couleurs contrastant et des franges finies à la main.

Une pièce tout en sobriété, avec une petite broderie faite main !

Pour parler un peu « technique », voici les étapes clefs qui interviennent dans la confection de notre écharpe. Elles ont la particularité d’être toutes manuelles.

Etape 1 - La teinture des fils bruts aussi appelé « Kar chrolk pnr »

Soieries du Mékong, réceptionne la fibre de soie brute (aussi nommé écheveaux). Elle est ensuite nettoyée, puis teinte à la main. Cette première étape de fabrication dure près de 8 heures et témoigne d'un vrai savoir-faire démontré par l'éclat et la profondeur des couleurs de leurs écharpes.

Cette méthode traditionnelle permet une meilleure inscrustration de la couleur dans le fil. L'écharpe conservera son éclat plus longtemps.

Etape 2 - Le bobinage aussi appelé « Rö Sot»

 Cette étape consiste à dérouler la soie des écheveaux teints grâce au rouet et à la bobineuse. Les bobines de soie serviront à la préparation de la chaîne (qui représente la longueur de l’écharpe), d’une part, et à la préparation des cannettes de trame (qui représente la largeur de l’écharpe) pour le tissage, d’autre part.

Cela n'y paraît pas, mais cette étape est cruciale : un fil mal bobiné = un tissage manqué.

Etape 3 - L’empeignage aussi appelé Tchak Thmegn

Chaque fil de soie est délicatement glissé entre les dents du peigne.

Il existe différentes tailles de peigne avec des dents plus ou moins espacées, ce qui permet de déterminer la densité des fils de chaîne. Ces fils sont ensuite tendus de manière égale et noués sur l’ensouple avant.

À la fin de cette étape, plusieurs centaines de fils sont étendus sur le métier à tisser

Etape 4 - Le tissage aussi appelé Tbagn

À présent, le métier à tisser est fin prêt.

C'est au tour des tisserandes de mettre leur savoir-faire en œuvre. L'étape du tissage consiste à réaliser un entrecroisement complexe des fils de chaîne (sens de la longueur) et fils de trame (sens de la largeur), selon un dessin qui se répète. 

Pour notre écharpe, il y a 2 dessins distincts. Le faux uni et le chevron.

Le fil de trame est enroulé sur une canette placée dans une navette. La tisserande fait passer la navette entre les fils de chaîne grâce aux pédales du métier à tisser. Chaque lame correspond à une couche de fils.

Une fois levés, ceux-ci créent une ouverture appelée foule, qui permet le passage de la navette.

Ici, le rythme et la régularité sont primordiaux : c'est la tisserande qui guide elle-même sa machine.

En moyenne, il faut 1 semaine à chaque tisserande pour confectionner entre 3 et 5 écharpes. Imaginez un peu…

Un accès aux matières les plus précieuses

Quand nous avons rencontré Soieries du Mékong, on a tout de suite été surpris par la qualité des tissus utilisés.

De la soie, de la laine du lin et du cachemire. Mais aussi et surtout des blends que l’on voit rarement. Comme de la soie avec du lin (notre écharpe) ou du cachemire avec de la soie et du lin pour l’hiver.

Très curieux, on a cherché à connaitre le nom des fournisseurs.

Les responsables de l’atelier nous ont alors expliqué que leur statut d’association lié à l’ONG Enfants du Mékong lui donnait accès à des partenariats exclusifs, dont 1 avec une très grande marque de luxe.

Ainsi, cette grande Maison française (que l’on connait tous) autorise Soieries du Mékong à accéder à sa bibliothèque de tissus.

Oui, la qualité des pièces de Soieries du Mékong repose à la fois sur son tissage, mais également sur les matières rares auxquelles elle a accès. Dès le premier toucher, ça saute aux yeux.

NB : C’est un privilège exceptionnel car les grandes Maisons de couture ont, de par leur position et leur force (économique mais aussi d’image), la possibilité de réserver les meilleurs matériaux. Ainsi chez un fournisseur de laine, il arrive régulièrement que la gamme la plus précieuse de ses fibres ne soit jamais disponible car réservée à des marques élites.

Résultat, Soieries du Mékong possède des tissus d’une grande rareté qu’aucune marque de notre taille ne peut espérer. Et on vous propose l’une d’entre elle : une étoffe qui mèle 70% de lin français et 30% de soie locale.

Autant vous le dire : cette collaboration a un goût particulier pour nous.

Comment porter l’Écharpe Atelier Particulier x Soieries du Mékong ?

Pensée pour être mixte, cette écharpe vous accompagnera des premiers jours du printemps jusqu’au dernier jour de l’été.

Ses dimensions généreuses permettent différents types de nœuds. Du plus serré au plus lâche. L’idée étant de vous donner l’opportunité d’adapter le port en fonction du moment de la journée.

Côté respirabilité, le lin joue à la perfection son rôle de régulateur thermique.

Lors de notre shooting, on s’est essayé à plusieurs look. Du plus printanier au plus estival. Résultat : cette écharpe a un gros potentiel stylistique.

Ensemble, donnons de la voix pour le savoir-faire

Pour nous, cette 4ème collaboration des Dénicheurs du savoir-faire est porteuse de sens. En plus de mettre en lumière un savoir-faire du monde d’exception, nous permettons à un projet associatif de gagner en légitimité à moindre coût.

Soieries du Mékong est un projet essentiellement composé de bénévoles. Seules les artisanes et 1 employé en France sont rémunérés.

100% indépendante, l’entreprise reverse tous ses bénéfices à l’Association mère Enfants du Mékong pour financer des projets éducatifs du village de Banteay Chhmar.

Aussi, comme pour les précédentes collaborations des Dénicheurs, tous nos bénéfices seront alloués à notre Fonds d’Action pour le savoir-faire.

On espère que vous serez nombreux à découvrir et à apprécier le savoir-faire de Soieries du Mékong.

Nous vous donnons rendez-vous jeudi à 10h sur atelierparticulier.com.

Belle journée,

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Fulbert, Benjamin et l’équipe AP