• BACK IN STOCK - shorts, polos, chinos, panamas, sets de table 🔥

La Rochère, le passeur d’histoire.

Durant tout le 20ème siècle, on a vu les intellectuels et les artistes les plus prestigieux de France fréquenter en cœur le même établissement : le café de Flore.

Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Mais aussi Albert Camus et  Guillaume Apollinaire s’y réunissaient pour écrire, penser, échanger ou parfois simplement boire un café. C’était le cœur même de la vie parisienne du siècle dernier. Et un symbole de sa richesse intellectuelle.

Encore aujourd’hui, le Café de Flore n’a rien perdu de son prestige. Cette longévité, nous la devons à ceux qui transmettent chaque jour, à qui souhaitent l’entendre, la riche histoire de cet établissement.

Ce sont des passeurs d’histoire. Et ils sont protéiformes.

Des photographes, parfois, des écrivains, souvent, et même des verriers !

Celui dont nous vous parlons aujourd’hui est La Rochère.

Cette verrerie française cultive son savoir-faire avec une belle originalité : elle est avant tout une passeuse d’histoire.

Sa collection « Flore » par exemple, rend hommage à la vie parisienne du siècle dernier.

Ce faisant, elle nous permet de garder contact avec cette histoire qu’il faut faire vivre pour la garder en mémoire. De fait, elle en a même fait sa spécialité, car le café de Flore n’est pas la seule histoire que la verrerie a pu conter.

On ne dirait pas à première vue, mais derrière ces murs, les forges ne se sont plus éteintes depuis plusieurs siècles !

Plus de 5 siècles de savoir-faire

Chose assez rare pour être soulignée : les histoires que raconte La Rochère, elle a pu les vivre à travers ses 500 ans d’existence. Ce ne sont pas que des hommages rétroactifs, mais un témoignage de sa mémoire.

L’histoire de La Rochère commence en 1475. Cette année-là, un « Gentilhomme Verrier » du nom de Simon de Thysac s’installe au pied des massifs vosgiens pour fonder sa propre verrerie.

On sort tout juste de la guerre de 100 ans en France, et ce sont encore des rois et des reines qui se succèdent à la tête du pays. Entre sa création et les jours que nous vivons aujourd’hui, la verrerie connaîtra Royauté, Empire et République.

Voilà à quoi pouvait ressembler le savoir-faire verrier au 15ème siècle

Cette histoire, elle en a gardé le souvenir intact. Loin de la conserver pour elle, La Rochère se veut porteuse, et la raconte à travers chacune de ses collections, pour nous aider à remonter le temps. 

Pour y parvenir, elle s’appuie sur son savoir-faire historique : la verrerie.

De la même manière qu’un écrivain aurait besoin de sa plume, de son papier ou de sa machine, La Rochère utilise le verre pour conter les histoires dont elle fut témoin.

Et de la même manière qu’un peintre utiliserait de l’aquarelle ou de la gouache pour décrire un environnement ou un sentiment, La Rochère fait varier les techniques et les approches pour rendre un témoignage fidèle de ses histoires.

Comme lorsque la verrerie a créé sa collection ALIÉNOR, qui reprend les archives du 19ème siècle qu’elle a conservé. Entre 1830 et 1850, c’est le style Louis-Philipe qui règne, du nom du régent de l’époque. On le reconnaît pour ses lignes sobres, rustiques, et bien moins chargées de fioritures que les styles qui l’ont précédé. Une économie de l’esthétisme pour le confort.

La pureté de la ligne et l'élégance rustique du verre en font un objet dans le plus pur style Louis Philippe

Afin de rendre au mieux la philosophie de ce style, la verrerie a utilisé son savoir-faire historique : le cristallin soufflé-bouché. Pour créer la cloche caractéristique des verres de l’époque, l’artisan se saisit du verre en fusion à l’aide de sa canne creuse. Il souffle à l’intérieur de cette même canne pour gonfler le verre à l’énergie de ses poumons, et vient ensuite étirer, façonner, tordre le verre comme un potier avec son argile.

Pour faire découvrir ce savoir-faire au plus grand nombre, La Rochère ouvre les portes de ses ateliers aux visteurs !

Ce savoir-faire, que La Rochère utilise depuis sa création, est l’apanage des artisans les plus expérimentés et les plus minutieux. Pour maîtriser cette technique, 8 maîtres-verriers doivent travailler ensemble et se succéder afin d’atteindre la forme parfaite. Chacun d’entre eux a passé une décennie entière à perfectionner cette technique pour être capable de l’utiliser correctement.

Pour cette technique, la main de l'artisan a toute sa place

Si c’est surement la plus complexe et la plus impressionnante des techniques de l’atelier, ce n’est pas la seule qu’il utilise. Pour retranscrire les styles esthétiques de certaines époques plus portées sur le faste, les ornements et le raffinement, La Rochère sait adapter son expertise.

De Versailles au Premier Empire

Un très bon exemple est celui de sa collection VERSAILLES. Sous Louis XV, les arts de la table sont raffinés, complexes, et doivent faire la gloire de la couronne de France. Ainsi, chaque verre de cette collection est chargé d’un motif de Coquille Saint-Jacques orné d’autres motifs floraux, nous plongeant dans les panneaux baroques de la célèbre Galerie des Glaces.

Les motifs de verres ont été conçus dans le plus pur style baroque

Pour rendre au mieux la complexité de ces motifs, La Rochère a misé sur son expertise du verre pressé. Arrivée plus tard que le verre soufflé, cette technique ajoute une dimension mécanique à l’art verrier.

Ici, l’artisan verse le verre en fusion dans un moule de fonte ou d’acier, de la forme et du motif voulu, puis une presse enfonce la matière incandescente à l’intérieur de ce moule afin d’en épouser fidèlement le relief.

À côté des grandes presses et des fours de La Rochère, on se croirait plongé dans une fonderie d'un autre temps

Cette technique permet de façonner des verreries d’une grande résistance, avec des motifs particulièrement précis. Ils peuvent être chargés, comme pour témoigner du raffinement de Versailles, ou plus sobres, à l’image de la collection ABEILLES de La Rochère.

Ici, exit la complexité des motifs de la royauté, place à une abeille que Napoléon a imposé comme un des symboles de son règne. Ce motif, que l’on retrouve sur le manteau de son couronnement, ajoute une dimension divine à son pouvoir : l’abeille est traditionnellement un symbole du divin.

Elle est ainsi visible sur toutes les pièces de la collection, du verre au coquetier, comme pour rappeler l’autorité que l’on lui attribuait.

Une pièce de plus parmi les « objets narratifs » que façonne La Rochère.

Ces histoires, la verrerie ne fait pas que les conter. Elle y participe activement et parfois même, les fait revivre. Comme lorsqu’elle a reproduit à l’identique la coupole en dentelle de rêve de la Grande Épicerie à Paris, connue sous le nom de Bon Marché.

Grâce à La Rochère, les visiteurs actuels du Bon Marché sont plongés dans le même émerveillement que ceux d'il y a 200 ans

Dans ce magasin dont s’est inspiré Zola pour écrire « Au bonheur des dames », trônaient à l’origine de majestueuses verreries qui faisaient son succès et son charme au début du 19ème siècle. Progressivement ensevelies sous les couches de plâtres la suite d’un grand incendie, on n’en gardait guère que des archives depuis le 20ème siècle.

Ce symbole disparu, la verrerie l’a fait renaître en 2012.

Grâce à son savoir-faire séculaire, elle a permis à la mythique enseigne parisienne de renouer avec son histoire, et d’ébahir les visiteurs comme il y a deux siècles.

La Rochère, ou comment mêler la petite histoire à la grande.