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Galimard, de gants et de parfum

Imaginez-vous un instant sous l’Ancien Régime, par un beau jour d’août. Vous vous rendez au Château de Versailles. Armé d’une épée, tel un gentilhomme, on vous laisse entrer.

Quelle est la 1ère chose qui vous frappe ? Les ors de la Galerie des Glaces ? L’alignement des arbres qui bordent l’Allée royale et vous donnent une perspective à couper le souffle sur le bassin d’Apollon et le Grand Canal ? 

Non, ce n’est pas le plaisir des yeux qui vous émoustillent. Vous êtes surtout pris par l’odeur qui vous fait tourner la tête.

A Versailles, au 17ème siècle, les courtisans n’avaient de cesse de dénicher des subterfuges pour masquer les odeurs, fortes et pestilentielles, qui faisaient le quotidien de la Cour. Le succès et la fortune étaient garantis à qui trouvaient une solution pour se libérer du nauséabond.

C’est ici que démarre l’histoire de la Maison Galimard. NDLR : à ne pas confondre avec la Maison Gallimard, bien connue des lecteurs avides de prix littéraires.

En 1747, en plein cœur du règne de Louis XV, Jean de Galimard, seigneur de Séranon, fonde à Grasse la Maison qui porte encore aujourd’hui son nom. On l’a oublié de nos jours mais, à cette époque-ci, la parfumerie se conjugue avec la ganterie. 

Cette paire de gants parfumée, présentée dans le Musée Fragonard à Grasse est un vestige de ce passé.

La corporation des Gantiers-Parfumeurs est puissante. Le cuir est à la mode. Mais il pose un problème : son odeur, forte, n’est pas soutenable. Venu de Bourgogne, et descendu dans le Sud, Jean de Galimard cherche à vendre ses peaux.

Quelle qu’en soit la qualité, elles sentent… mauvais !

Jean de Galimard se trouve en territoire grassois. Autour de lui s’étendent, à perte de vue et entre mer et montagne, les champs de fleurs qui font encore la renommée de la parfumerie française aujourd’hui.

De nos jours, Grasse, c'est aussi ça. Une architecture atypique et pittoresque on l'on a terriblement envie de flâner.

Aussi, une idée lui vient : parfumer les peaux pour en rendre l’odeur agréable. De cette idée naissent des gants qu’il vend aux notables, de Grasse et d’ailleurs. Très vite vient la consécration : se faire une place en tant que fournisseur des gens qui comptent à la Cour de l’arrière-petit-fils de Louis XIV. Jean de Galimard explore le filon qu’il vient d’ouvrir et diversifie rapidement sa gamme : huiles d’olive, pommades et parfums font sa renommée et sa fortune. Et les bases d’un savoir-faire encore vivant aujourd’hui.

Ce savoir-faire, c’est désormais la famille Roux qui le fait vivre. Lointains descendants de la famille Galimard, ils ont à cœur de révéler toutes les facettes du savoir-faire grassois.

Inscrite dans la culture de la matière première – au 1er rang desquelles, à Grasse, le jasmin, la rose et la tubéreuse -, les deux « nez » de Galimard créent les senteurs qui irriguent les collections. De même que Galimard manufacture ensuite ses fragrances elle-même.

Autre vestige de cette époque : des flacons en matériaux précieux datants du 17 et 18ème siècle.

Depuis les années 1980, même, Galimard a pris le tournant de l’ouverture au public. Loin des racines aristocratiques de sa fondation au 18ème siècle, la Maison s’ouvre désormais aux curieux qui souhaitent comprendre comment se crée un parfum, étape par étape.  

En un passage à Grasse, vous aurez l’occasion de comprendre les fondements de la renommée de la parfumerie grassoise qui, depuis longtemps, a conquis le monde entier.

Le savoir-faire est toujours bel est bien présent chez Galimard !