• Luxury at your fingertips

La Lituanie et le lin

Chez Atelier Particulier, aux beaux jours, le lin a la cote !

Mais, si vous nous lisez régulièrement, vous êtes déjà au courant.

Si tel n’est pas le cas, ou que vous avez oublié, voici un petit rappel.

Le lin est idéal pour apporter du caractère à une pièce. Texturé et agréable à porter, il n’en est pas moins léger et adapté aux températures les plus chaudes. Et ses propriétés ne s’arrêtent pas là :

  • Respirant. C’est son secret pour nous accompagner sans que l’on meure de chaud !
  • Antiallergique et antibactérien. C’est même pour cela qu’il est utilisé largement en dermatologie.
  • Ultra-séchant. La fibre de lin est creuse. Aussi, il n’absorbe pas l’humidité autant que les lainages, par exemple. Ce qui explique qu’il sèche beaucoup plus vite.
  • Ecologique. Sa culture est locale (en France principalement) et ne nécessite ni eau ni pesticide.

Bref, vous l’aurez compris : le lin est une vraie matière « couteau-suisse ».

La fleur bleutée du lin

Après les écharpes, que nous vous proposons depuis quelques années chaque été, nous avons voulu profiter des propriétés intéressantes, et sous-exploitées, du lin. Avec un nouveau produit : les serviettes ! De plage et de bain.

Mais voilà : ce n’est pas parce qu’un atelier fait de l’écharpe qu’il sait faire de la serviette. Notre atelier de Biella ne pouvait pas nous aider. Aussi, nous avons repris la route, à la recherche d’un nouveau savoir-faire.

La Lituanie et le lin

Petit état des lieux.

En Europe, les pays spécialistes du lin ne sont pas légions.

Sa culture est principalement concentrée en France, en Belgique et aux Pays-Bas. Mais, si l’on prend l’exemple français, la filière s’arrête là : une fois récolté, le lin est exporté pour être transformé. Il ne reste quasi plus de capacité de filature ou de tissage en France.

L’Italie, quant à elle, cultive très peu de lin. Mais elle s’est par contre fait une spécialité du tissage d’écharpes dans cette matière. Au Portugal, on trouve beaucoup de linge de maison en lin. Cela a donc été notre 1er réflexe. Nous avons fait quelques développements, sans obtenir le résultat souhaité.

Un peu désespérés, c’est Fulbert dans l’équipe qui a trouvé l’idée. Dans nos recherches, on avait vu passer quelques éléments sur un petit pays balte, sans y prêter attention : la Lituanie. On a un peu honte de le dire, mais cela ne fait pas partie des pays auxquels on pense, même quand on l’a sous le nez.

Savoir-faire et territoire ne vont jamais l'un sans l'autre. Pourtant, les tendances actuelles tendent à vouloir classifier - comme on pourrait le faire dans une compétition - les différentes localités et savoir-faire.

C'est un angle que nous ne souhaitons pas adopter chez Atelier Particulier. En effet, chaque savoir-faire à sa genèse. La céramique n'aurait jamais pu se développer en Italie et en France sans l'expertise chinoise originelle.

Il existe des exemples similaires en Europe.

Par exemple, plusieurs pays de l'Est ainsi que les pays Baltes possèdent une très grande expertise dans le tissage et la botterie.

Depuis le 13ème siècle, soit environ 700 ans, ce petit pays aiguise sa connaissance de la plante à petite fleur bleue. Historiquement, il s’est fait une spécialité de l’ensemble du cycle de production : il est producteur, filateur, tisseur et confectionneur. Mais personne ne le sait !

A pas feutrés, la Lituanie a donc gagné ses lettres de noblesse dans l’exploitation du lin et la confection de qualité. Pas étonnant dès lors qu’il exporte sa production dans des pays où les exigences qualitatives sont les plus poussées et qui sont les fers de lance du Luxe : la France, l’Italie et le Japon.

Rien que ça.

Notre atelier est situé non loin du littoral baltique

La culture du lin en Lituanie

Cela fait 4.000 ans que la Lituanie cultive le lin. Terre et climat se sont alliés pour en faire un lieu de prédilection pour cette petite plante. Et elle s’y trouve bien. 

Cette omniprésence historique s’explique donc d’abord par les conditions météorologiques et géologiques. En effet, la Lituanie réunit toutes les conditions pour produire du lin de haute qualité :

  • Des sols adaptés : terres limoneuses (qui contient du limon), profondes et structurées ;
  • Des conditions climatiques favorables : régions tempérées et humides ;
  • Le savoir-faire de liniculteurs expérimentés, qui se transmettent leurs connaissances de génération en génération.

Depuis l’époque où le petit pays balte accueillait des tribus rivales, ses traditions, son art et son artisanat sont empreints de la petite fibre « écolo ».

Et cela s’est poursuivi. Au Moyen-Âge, lorsque le Grand-Duché de Lituanie était l'un des plus grands d'Europe, le lin était quasi le seul tissu utilisé pour les vêtements, des paysans comme des guerriers. A l’exception des armures, bien sûr ! 

Jusqu’au siècle dernier, la vie quotidienne était surtout rythmée par la vie de la ferme : d’un côté l’exploitation du bétail et des terres pour les hommes, et de l’autre le travail du lin (filage et tissage) pour les femmes.

Ceci explique que, culturellement, la petite plante a marqué toute une nation.

Zenonas Macernis, organisateur de la Fête du Lin disait :

Même nos ancêtres connaissaient les miraculeuses qualités curatives du lin. Le lin a joué un rôle très important dans la formation de l'attitude de l'esprit lituanien.

Par exemple, aujourd’hui encore, la ville de Budraiciai célèbre la « Fête du Lin ». Et comme dans toutes les festivités du pays, elle s’accompagne de chants et chorales (appelées Dainos).

Encore plus surprenant, ces chants célèbrent souvent le lin.

Une chorale en Lituanie. Impressionnant n'est-ce pas ?

Et de nos jours alors ?

Le lin rythme encore la vie lituanienne.

Peu compétitif en Europe sur la culture, la Lituanie s’est recentrée sur la confection. Sa matière première est principalement française (eh oui, nous sommes champions mondiaux de la culture du lin !).

Une balade dans les rues du vieux Vilnius permet de voir immédiatement le mot « linas », lin en lituanien, qui s'affiche en grandes lettres sur les devantures de nombreux magasins de vêtements, linge de lit et autres accessoires.

Cette culture traditionnelle a d'ailleurs inspiré un prénom féminin très populaire : Lina.

Pourquoi ?

Car ce sont surtout les femmes qui font aujourd’hui valoir leur savoir-faire.

Linas veut dire "lin" en lituanien. Un mot qui a marqué leur histoire.

Un atelier au savoir-faire séculaire

Notre atelier ne déroge pas à cette tradition séculaire.

Depuis 3 générations, cet atelier est dirigé par des femmes ! Aujourd’hui, le gouvernail est tenu par un duo : Inga et Giedre.

Giedre est en charge de la production.

Le lin ?

Elle connaît tous ses secrets. Ce sont ses parents qui lui ont transmis la passion et toutes ses connaissances de la matière et de sa confection.

Chose assez rare, l’atelier de Giedre maitrise encore toutes les étapes de transformation du lin.

Elle file, tisse, teint, coupe, coud, lave et sèche la matière dans l’atelier. Cette polyvalence est née d’un besoin : celui de garder le contrôle sur la matière.

Le lin est en effet une matière capricieuse qu’il faut garder à l’œil si l’on veut en exploiter toutes ses propriétés.

La fibre brute est fragile et peut se casser, se rétracter ou perdre en douceur facilement.

Difficile à croire quand on voit cette petite plante !

Inga, quant à elle, est styliste.

Elle accompagne les clients dans la création de leurs modèles.

Choix des couleurs mais aussi et surtout de la technique de tissage.

Par exemple, c'est avec ses conseils que nous avons choisi un tissage chevron puis gaufré pour nos nouvelles serviettes.

Dans les 2 cas, la technique de tissage a été sélectionné pour son intérêt stylistique mais également pour ses propriétés techniques. Résistance à la traction, capacité d'absorption et de séchage, tout est pris en compte afin de répondre aux besoins des clients.

Une fois la sélection de la technique de tissage, c'est elle qui accompagne les marques dans la sélection des couleurs. Elle partage son expertise sur la polyvalence, les matchs possibles etc. C'est une vraie bibliothèque d'informations.

Une fois encore, son aide a été précieuse pour créer nos serviettes.

Aujourd'hui, on espère vous avoir fait découvrir une chose : le savoir-faire n'a pas de frontière. Gardez donc les yeux ouverts.

On vous donne rendez-vous jeudi 27 mai pour le retour de nos Serviettes en lin confectionnées en Lituanie avec du lin français.

À très vite,

Fulbert, Benjamin et l'équipe AP