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Le Gant, une pièce chargée d'histoire

Le destin d’un vêtement est indissociable de son utilisation à travers les époques.  

De leur fonction première à la charge symbolique qu’elles ont pu acquérir au fil du temps, les pièces que nous portons ont toutes une histoire. Elle se devine parfois au travers d’une couture, au détour d’une appellation ou encore d’une matière spécifique.

Le gant, par exemple, fait partie de ces accessoires au destin unique. 

Symboliquement chargé de couvrir et de protéger la main de l’homme, outil indispensable à sa survie, il a connu une évolution d’usage comme de forme au cours des siècles.  

Pour rendre hommage à cet accessoire que nous affectionnons tout particulièrement chez Atelier Particulier, nous vous proposons de revenir avec nous sur son évolution à travers trois époques qui ont façonné son utilisation.

D’un outil pratique à un symbole de pouvoir pour enfin devenir un signe d’élégance absolu, voici notre petite histoire du gant.

Préhistoire et Antiquité : un accessoire fonctionnel et marginal.

L’utilisation des gants remonte aux origines de l’humanité, où ils étaient déjà utilisés en tant qu’outil pratique avec comme fonction essentielle de protéger la main humaine. Les habitant du paléolithique, une période courant de 45 000 à 12 000 avant Jésus-Christ, les utilisaient déjà.  

Comment le savons-nous ? Plusieurs peintures rupestres datées de cette époque représentaient déjà cet accessoire utilisé par les chasseurs cueilleurs et les agriculteurs.

Par la suite, les gants resteront plusieurs siècles cantonnés à ce rôle purement utilitaire d’outil protecteur. Pendant l’Antiquité, par exemple, les Grecs et les Romains moqueront souvent ces « peaux qui recouvrent les mains et les doigts ». Considérés à l’époque comme trop efféminés, ils resteront profondément marginalisés, comme en attestent les différents vestiges et traces écrites qui décrivent son utilisation.

On comprend mieux pourquoi, longtemps relégué au rang d’accessoire de second rang, il était principalement confectionné par des artisans généralistes du cuir, si ce n’était par les familles elles-mêmes. Rustique et peu développé, il prenait la plupart du temps la forme d’une moufle à pouce séparé.

Une des utilisations pratique pour lesquelles le gant trouvait grâce à l’antiquité : la boxe. (pugilistes adolescent – Santorin.)

Des versions relativement plus élaborées feront néanmoins leur apparition en Europe grâce aux invasions successives des peuples nordiques, qui les confectionnaient déjà en fourrure ou en peau retourné afin d’affronter les climats les plus rigoureux.

Il faudra ainsi attendre la fin des épopées conquérantes de ces prédécesseurs des Vikings pour que le gant puisse, dans un premier temps se populariser, puis changer de dimension lors du moyen-âge.

Moyen-âge : le pouvoir à portée de main.

Les raisons souvent évoquées pour expliquer la fin de l’Antiquité romaine et de l’ère Viking trouvent une origine commune : l’avènement du christianisme en Europe.

Coïncidence s’il en est, ce même christianisme va jouer un rôle essentiel dans la popularisation du gant. Dès le 9ème siècle, l’Église le fait entrer dans la parure officielle des évêques, et devient instantanément un insigne de leur autorité.

Afin de différencier cette élite du clergé des autres classes catholiques, le gant dut prendre une nouvelle forme plus raffinée : chaque doigt fut alors séparé en opposition directe avec le moufle, symboles des classes populaires.

Rare image des gants ecclésiastiques de William Wikeham, évèque de Winchester au 14ème siècle.

Considéré comme un symbole exclusif du pouvoir religieux pour un temps seulement, il sera adopté par l’ensemble des classes dominantes d’Europe, cours royales en tête, dès le 10ème siècle.

La royauté française a d’ailleurs longtemps accordé une importance particulière au gant : jusqu’à la fin du règne de Louis XIV, chaque souverain recevait une paire de « gants du roi » durant son sacre. Ils représentaient la possession de son domaine et la loyauté de ses sujets, permettant ainsi d’exercer son autorité en battant la monnaie, collectant l’impôt ou rendant justice. Pour chaque sujet qui se présentait face au roi, il était obligatoire de se déganter pour ne pas offenser le monarque.

Cette adoption généralisée par les différents pouvoirs du moyen-âge améliora grandement la qualité de confection du gant : un accessoire de cette stature se devait d’être conçu par les meilleurs artisans du royaume. Dès le 13ème siècle, en France, naîtra par exemple le statut de Maître Artisan Gantier, symbole d’excellence pour les siècles à venir. D’élégance, pas encore.

Renaissance : quand le parfum entre dans la danse

La Renaissance remplaça les austères places fortes du moyen-âge par des châteaux raffinés pour mieux convenir au climat (en apparence) pacifique qui régnait en Europe. Ce faisant, elle plaça l’esthétisme et la coquetterie comme valeurs centrales de son temps.  

Le gant, alors tanné et coloré grâce à l’urine risquait l’abandon : l’odeur qu’il dégageait dérangeait particulièrement les nobles qui le portaient et les habitants des quartiers de tanneurs. 

Une fois n’est pas coutume, quand il est question d’odeurs, la ville de Grasse n’est jamais bien loin. C’est d’ailleurs le gant qui, de manière surprenante, allait fonder la tradition du parfum dans cette ville initialement spécialisée en tannerie.

Le nom à l’origine de cette révolution vous est peut-être connu : il s’agit de Gallimard.

 Alors jeune artisan Grassois du XVIème siècle, Jean (de son prénom) eut l’ingénieuse idée d’appliquer aux gants le même traitement qu’aux humains de l’époque : si mauvaise odeur il y a, il suffit de la masquer avec une autre plus forte. Il plongea alors une paire de gants en cuir dans un bain d’essences naturelles et l’offrit à une bénéficiaire de prestige : Catherine De Médicis.

Même en tableau, Catherine de Médicis ne se séparait jamais de ses gants !

Figure indissociable des royauté française et italienne du XVIe siècle, elle fut l’épouse d’Henri II, avec qui elle n’engendra pas moins de trois rois, gardant sur ces derniers une emprise certaine. Cette reine mère autoritaire et influente dirigea donc une grande partie de l’Europe dans l’ombre du règne de ses enfants, et ce, jusqu’à sa mort à 69 ans en 1589.

Rien d’étonnant, donc, à ce que le goût que Catherine de Médicis développa pour ces gants suffit à les propulser au rang d’accessoires de mode indispensables en Europe.

Dès lors, on broda les gants à l’aide de boutons d’or, de perles, de soie et de fils d’or et d’agent. Leur cuir, pour sa part, était confectionné avec des peaux de chamois, de cerf, de lièvre de chevreuil et tout autre animal tiré à la chasse. 

Les plus petits spécimens rapportés de ces chasses avaient également leur usage : ils servaient de doublures en fourrures, souvent composées d’hermine ou de petit-gris, une sous-espèce d’écureuil connue pour la douceur de son pelage.

Cet accessoire un temps renié venait de devenir le symbole même de l’élégance, pour le reste de la Renaissance mais également des siècles à venir. Du moins, avant que les remous du 20ème siècle ne s’en mêlent.

Ces gants brodés appartenant (toujours) à Catherine de Médicis illustrent le la capacité des artisans à produire des broderies toujours plus inventives.

Aujourd’hui : à la croisée des traditions

Initialement un outil pratique lors de la Préhistoire et de l’Antiquité, le gant a évolué vers l’apparat lors du Moyen-âge et de la Renaissance, avant de le perdre finalement. De nos jours, il tend à retrouver sa fonction première, et est avant tout utilisé pour se protéger des agressions du monde extérieur.  

Cependant, chez Atelier Particulier, nous avons tenu à ce que nos gants gardent une dimension primordiale de l’apparat : le meilleur du savoir-faire.

Nous pensons qu’un gant initialement pratique peut aussi être élégant, et confortable.

Une sorte de synthèse historique, en somme.