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Une collection qui repousse les limites de la faïence de Nevers

L’an dernier, à la même période, nous prenions avec vous les routes de Bourgogne, pour notre 1ère édition des Dénicheurs du savoir-faire.

 Sauf que la route que nous avons empruntée n’est pas la plus commune. Ce n’est pas celle qui rayonne autour des coteaux du vignoble bourguignon, et qui font la richesse d’une partie du territoire.

Non.

Nous avons suivi des routes plus sinueuses, et nous sommes perdus dans les monts du Morvan pour arriver chez Carole et Jean-François, sur les bords de Loire.

C’est donc à Nevers que nous retournons ! Pour une 2nde Édition des Dénicheurs du savoir-faire, main dans la main avec Faïencerie Georges !

Nous aurions pu choisir la solution de facilité. Et rééditer notre précédente collection, vu son succès. Mais le patrimoine de la faïence de Nevers est trop riche. Alors, avec Carole et Jean-François, nous avons replongé dans les archives de la faïence nivernaise pour un nouveau voyage à travers le temps. Et la naissance d’une collection inédite !

Êtes-vous prêt.e à découvrir, pas à pas, cette histoire ?

La faïence de Nevers : Italie, mariages politiques et montagnes russes

La faïence est italienne

Nevers est aujourd’hui une place forte connue de tous les passionnés pour son savoir-faire artisanal.

En revanche, peu savent que son histoire est intimement liée à une autre ville d’Europe.

Non, ce n’est ni Paris, ni Lyon qui sont à proximité des terres nivernaises. Mais une petite cité italienne : Faenza.

D’ailleurs nous ne le savions pas non plus. Pour en comprendre tous ses secrets, nous nous sommes rendus au Musée de la Faïence et des Beaux-Arts de Nevers. Là-bas, la conférencière du musée nous a accueilli à bras ouvert.

Les Italiens, donc, sont les premiers en Europe occidentale à redécouvrir puis maitriser l’art de la faïence et de la verrerie. Si leur savoir-faire a essaimé progressivement en Europe, ce n’est pas un hasard. Le jeu des alliances familiales y est pour beaucoup.

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Une histoire de mariage

À Nevers, cela se passe au 16ème siècle. C’est à cette époque qu’Henriette de Clèves épousa Louis Gonzague, un Italien qui devient, par son mariage, duc de Nevers. Mais il ne traverse pas alors les Alpes seul. Dans ses bagages, les savoir-faire italiens et leurs artisans l’accompagnent.

Une forme de chance fait qu’ils trouvent à Nevers de quoi exercer leur art de la faïencerie, pour 3 raisons :

  1. La position de Nevers sur les bords de Loire permettra aux artisans italiens de se connecter facilement, via la Seine, avec le commerce parisien.
  2. En parallèle, les 244 kilomètres qui sépare Nevers et Lyon donne un accès facile et rapide à la route de l’étain. Et donc à un second commerce.
  3. Enfin, l’environnement local est idéal pour le travail de la céramique. Les sols de la Loire et les terres vallonnés de Nevers donnent la matière première dont le faïencier a besoin. Les forêts du Morvan, à quelques encablures de là, donnent le bois pour chauffer les fours.

En moins de 100 ans, 12 ateliers se construiront. Dans chacun de ces ateliers, une centaine d’artisans travaillent la terre avec passion et minutie. C’est le début de la grande histoire de la faïencerie de Nevers.

Historiquement, et depuis le 16e siècle, il n’y a jamais eu plus de 12 ateliers de faïence à Nevers. En cause ? Un décret royal qui interdisait de dépasser ce nombre. Cela explique que la faïencerie ait essaimé depuis Nevers : un artisan qui souhaitait se mettre à son compte devait quitter la ville, par manque de place.

Des hauts et des bas

 Le succès de la faïence n’aura néanmoins qu’un temps. Sa cousine, la porcelaine, lui sera préférée par les grandes Cours d’Europe pour sa finesse et sa transparence.

Peu à peu, les ateliers ferment leur porte. Seuls les plus talentueux, possédant le savoir-faire nécessaire à la fabrication d’œuvres exceptionnelles – pour des commandes spéciales notamment – tireront leur épingle du jeu. Cette période difficile se prolongera jusqu’à la fin du XIXe siècle où la faïence reviendra en force.

Ce savoir-faire perdurera sur la 1ère moitié du XXe siècle. Quelques familles persévérantes, qui avaient maintenu leurs compétences poursuivront l’activité au milieu des années 50, jusqu’à n’être que 4 en 2010, puis 2 aujourd’hui.

En moins de 5 siècles, Nevers passera de plus de 1.000 artisans faïencier à une petite dizaine.

L’âge d’or est clairement passé. Mais le savoir-faire historique existe encore. D’ailleurs, notre partenaire pour cette collection le prouve. On vous présente l’un de ces 2 résistants. Faïencerie Georges.

Faïencerie Georges : quand le savoir-faire est audacieux

Un savoir-faire qui n’a pas froid aux yeux

 Vous pensez que la faïence est démodée ?

Alors c’est que vous n’avais jamais vu le travail de Faïencerie Georges. À peine entré dans leur boutique/atelier, vous comprenez tout de suite que cette maison est un véritable ovni artisanal qui mêle à la perfection tradition et modernité.

Dans l’atelier, l’art faïencier transmis depuis 4 générations est cultivé tout en étant continuellement challengé. On y remarque ce petit peps que l’on ne trouve pas ailleurs.

Multipliant les sources d’inspirations, Faïencerie Georges secoue un secteur qui a pendant longtemps manquer d’audace.

Si les formes restent classiques. Car pensées pour votre quotidien (vous le verrez avec notre collection). Les décors vous transportent dans des univers jamais vu auparavant.

C’est ce qui nous a séduit lors de notre 1ère rencontre. En 2020. Comme nous, Faïencerie Georges souhaite dynamiser le savoir-faire. Ensemble, nous souhaitons donc aller plus loin et apporter un regard neuf sur un savoir-faire parfois poussiéreux aux yeux du grand public.

Notre but ? Vous mettre à la page et vous prouver que l’artisanat faïencier n’est ni ennuyeux, ni frileux.

Notre dernière collection en est un bon exemple. Simple, pratique et élégante dans sa forme, chaque pièce se pare d’une réalisation iconique (et parfois oublié) du savoir-faire faïencier. C’est notre manière à nous de mettre en lumière des formes historiques de la faïence avec élégance et modernité.

Une histoire de famille

Et pour cela, on ne pouvait trouver meilleure partenaire que Faïencerie Georges. Leur histoire débute avec Émile Georges, un apprenti faïencier qui apprend le métier au côté de son maitre d’apprentissage Félicien Cottard.

Émile se révèle être un excellent ouvrier, ne négligeant aucune facette de la fabrication. Il veut tout comprendre et tout apprendre. Passionné par la faïence, Émile saute le pas en 1926 et se met alors à son compte en reprenant l’atelier de son patron.

Il se lance alors un défi : imposer son atelier comme l’une des références de la faïence, à Nevers et donc, dans le monde. Il le fera à 4 mains, avec sa femme.

Pari réussi : 80 ans plus tard, le savoir-faire est toujours là.

C’est le début d’une ère. Celle de la famille Georges.

Porté par la 4ème génération, représentée par Carole Georges et Jean-François Dumont, mettent la philosophie du savoir-faire de la Maison au service d’aujourd’hui.

Et ce dernier peut être monumental. Pour preuve ? La pièce qui est récemment entrée dans les collections du Musée de la Faïence et des Beaux-arts de Nevers :

Fortement inspiré par toutes ces histoires, on tenait le fil rouge de notre nouvelle collection.

Après avoir revisité le fond Ondé en 2020. Décor historique de l’époque Renaissance qui démontre à lui seul la volonté des artistes et artisans de remettre au centre de l’histoire les mythes antiques afin de les transmettre aux générations suivantes.

On s’attaque à un projet encore plus important.

Cette fois, nous concentrons dans une collection plusieurs sources d’inspirations dénichées lors de notre visite à Nevers.

Formes traditionnelles de la faïence de Nevers, anecdotes historiques et archives de Faïencerie Georges, tout y est.

Une trace du savoir-faire faïencier dans votre maison

Quand le savoir-faire est historique

 La 1ère fois que nous avons pris la route de Nevers, nous nous sommes arrêtés à l’atelier, bien sûr. Mais pas seulement.

Nous avons également visité Musée de la Faïence et des Beaux-arts de Nevers.

Ce qui interpelle en premier lors de la visite, ce sont les motifs. A foison, chaque époque se retrouve dans ses choix de dessins, de coloris.

Avec le point commun que l’on retrouve souvent : le fond ondé, à qui nous avions dédié notre collection l’an dernier.

Mais à s’y pencher de plus près, la faïence de Nevers ne se caractérise pas seulement par ses couleurs et motifs.

La faïence de Nevers a également déployé son art au cours des siècles dans les formes issues des usages. Certains diront biscornues, d’autres diront travaillées. Quoiqu’il en soit, les formes de la faïence sont nombreuses !

Et c’est là que l’on a trouvé notre axe pour cette Édition.

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Ceci n’est pas une pipe

 Chez Faïencerie Georges, Carole nous a aidé à faire une petite recherche des formes les plus iconiques du patrimoine nivernais.

Nous avons choisi 3 objets que l’on a retrouvé à la Cour de Versailles comme dans les intérieurs paysans. La différence ? Dans un cas, le décor était riche, scénarisé, racontait des histoires mythologiques, voire faisait danser les dieux sur l’eau. Dans l’autre, la forme restait brute, parfois colorée en aplat.

Évidemment, il ne s’agissait de recréer les mêmes moules. C’est en pensant à Magritte que l’idée nous est venue. Il nous fallait aller au-delà des apparences.

Avec Carole, nous avons repris les silhouettes de l’aiguière, de la bouteille pensue à long col, du gobelet sur pied douche – ou piédouche – et de la tasse à anse.

Et nous avons joué aux ombres chinoises. Avec une seule couleur : le bleu cobalt, si caractéristique de Nevers et de sa faïence.

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Comment donner vie à cette collection ?

C’est à ce moment que nous passons le relai à Faïencerie Georges. Après avoir validé les formes et la technique de pose, il faut se rendre dans l’atelier. Place au savoir-faire.

Disponible en précommande ce jeudi 2 septembre à 10h, nous n’avons pas encore lancé la confection de la collection. Nous avions néanmoins assisté l’an dernier à chaque étape de confection pour pouvoir vous immerger dans les coulisses d’une faïencerie traditionnelle.

En tout et pour tout, le parcours de création est jalonné par une dizaine de grandes étapes. Toutes artisanales et réalisées à la main.

NB : au global il y en a un bien plus. Mais la liste serait si longue à énumérer que l’on préfère aller à l’essentiel en vous présentant celles qui sont intrinsèquement liés au savoir-faire faïencier de Faïencerie Georges.

Ainsi du coulage de l’argile, en passant par le vidage, le biscuitage (nom de la première cuisson), de la pause de l’émail puis de sa seconde cuisson et de bien d’autres étapes il faudra 2 à 3 journées entières pour créer quelques dizaines de pièces.

C’est un travail titanesque, qui nécessite beaucoup de patience.

Parce qu’on ne peut aller plus vite que la musique. En faïence, plus que dans n’importe quel autre artisanat, le temps est incompressible.  

Pour cuir l’émail par exemple, les fours vont tourner 8 à 9h à 1.050°. Protection de la céramique et brillance de l’émail obligent, on peut faire autrement.

Comme une image vaut mille mots, voici les plus beaux clichés pris chez nos amis de chez Faïencerie Georges.

Quand la faïence est aussi belle qu’utile

 C’est parfois l’un des reproches que l’on peut faire aux métiers d’art du feu. Pensé pour la décoration, on en oublierait presque la dimension utilitaire de l’objet.

Faire beau c’est bien. Mais faire beau et pratique c’est encore mieux.

Comme expliqué précédemment, c’est la marque de fabrique de Faïencerie Georges : répondre à vos besoins du quotidien, afin que la faïence s’immerge totalement dans les scènes de votre vie.

D’ailleurs, avant que l’on vous montre quelques exemples concrets vous devez noter que pour aller au bout de cet objectif, nous avons choisi de créer des pièces faciles d’entretien et 100% étanches.

Cela nous semblait indispensable, mais c’est important de vous le préciser ;-)

Désormais, vous savez tout de cette Edition des Dénicheurs du savoir-faire. Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à vous approprier cette collection que nous en avons eu à la confectionner avec Faïencerie Georges.

Avant de vous laisser, voici les dernières informations à retenir.

Nous lançons la précommande jeudi 2 septembre, à 10h sur l’e-shop en quantité limitée : on ne pourra en faire que quelques centaines maximum.

Chaque pièce sera confectionnée à Nevers, chez Faïencerie Georges, dans le respect de l’art faïencier.

Vous trouverez ainsi 6 pièces :

  • Un duo de 2 tasses à expresso
  • 2 grands gobelets – à thé, pour la salle de bain, la cuisine
  • 2 vases moyen format
  • 1 vase grand format

 Chaque pièce aura un décor apposé par chromographie, qui reprend une pièce historique de la faïence de Nevers. Décor plein ou décor ligné, nous avons dans chaque cas utilisé le mythique bleu de Nevers.

Rendez-vous jeudi à 10h pour la précommande !

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Fulbert, Benjamin & l’équipe AP

Dénicheurs de savoir-faire