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Le chapeau inscrit au Patrimoine de l’Unesco

En 1914, après 33 ans de travaux, fut inauguré le Canal de Panama. Il aura fallu près de 500 ans pour aboutir à la création de ce canal, dont l’embryon remonterait à Charles Quint. Au 19ème siècle, la construction du canal connut des péripéties entre politique, financement de cet ouvrage hors normes et caprices de la nature.

Plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers furent embauchés par le Français de Ferdinand de Lesseps à partir de 1881 puis par les Américains, lorsqu’ils reprirent le chantier pour le terminer et l’exploiter à partir de 1914.

Photo d'histoire datant de 1912, 2 ans avant l'inauguration du Canal.

Aujourd’hui, si nous vous parlons du Canal de Panama, c’est pour rendre hommage à cet instant où la grande Histoire a rencontré un savoir-faire ancestral qui, aujourd’hui encore, est marqué du sceau de ces ouvriers qui construisirent, contre vents et marées, ce canal de près de 80 kms de long qui permet aux bateaux de relier New-York à San Francisco en moitié moins de temps qu’auparavant.

Prêt.e à prendre la mer ?

Le Chapeau Panama est omniprésent. Du Panama jusqu'à Paris, dans les bureaux d'Atelier Particulier il n'y a qu'un pas. Et une centaine d'année :-)

Un projet gigantesque, un savoir-faire partagé

Les chiffres autour de la construction du Canal de Panama ont de quoi donner le tournis.

Pour relier le Pacifique et l’Atlantique, il fallut 33 ans pour creuser l’isthme de Panama, longue langue de terre qui relie l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud. Imaginez les conditions de travail. La chaleur, les maladies tropicales, les accidents de chantier : tout cela contribua à la mort de 22.000 ouvriers sur un peu plus de 30 ans.

Si l’on a estimé le nombre de décès, on ne connait néanmoins pas exactement le nombre d’ouvriers qui furent mobilisés. Mais il est presque certain qu’ils furent plus de 150.000 à se relayer pour mener ce projet à son terme : une petite communauté. 

Et c’est là que ces travaux titanesques rencontrent le savoir-faire.

Face au soleil plombant, les ouvriers adoptèrent un chapeau qui, s’il ne les protégeait pas des épidémies ou des accidents, leur permettait au moins de supporter les conditions climatiques.

Ce chapeau est connu sous le nom de Panama. S’il tire son nom de son adoption par les ouvriers et contremaitres qui travaillèrent à la construction du canal, il n’en est pas originaire.

Eh oui.

Le Panama ne vient pas du pays dont il porte le nom ! Savez-vous d’où il vient réellement ?

Le vrai Panama vient en fait de…

Le chapeau désormais connu sous le nom de Panama s’appelle à l’origine chapeau de paja toquilla en espagnol.

Au sud du Panama pousse une plante qui ressemble à un palmier. Une différence : elle ne produit pas de tronc. Elle répond au nom de carludovica palmata. Elle pousse en abondance sur ce territoire d’Amérique du Sud, donnant des feuilles qui, une fois séchées, peuvent être tressées à la main.

Au naturel, ces dernières ont une teinte légèrement écrue, qui se rapproche de la couleur de la paille que nous connaissons tous. Aussi, le Panama traditionnel est de cette couleur. La version en blanc n’est apparue que par la suite.

Depuis plusieurs milliers d’années, cette plante constitue donc la base du chapeau de paja toquilla : les tribus aborigènes en ont laissé des traces sur un ce territoire plus au Sud que le Panama.

Ce territoire correspond plus ou moins à ce qui est devenu l’Équateur aujourd’hui.

C’est donc en Équateur que vit encore aujourd’hui le savoir-faire ancestral du chapeau de paja toquilla.

Un chapeau, trois traditions

Si le vrai chapeau panama provient d’Équateur, s’il est réalisé à partir de feuilles séchées de carludovica palmata, il n’y a pas qu’un seul et unique chapeau panama.  

Il y en a 3 !

Le plus simple est le panama Brisa. C’est celui de l’apprentissage. Son tressage forme des carrés plus ou moins réguliers. Parfois considéré comme plus grossier, son charme est indéniable néanmoins !

Le second est le panama Montecristi. Dans cette petite ville en bordure du Pacifique, les artisans travaillent traditionnellement la paille de paja toquilla debout devant leur ouvrage.

Le dernier est le panama Cuenca. Tissé au cœur des terres équatoriennes, ce panama est confectionné généralement à la maison, en position assise.

Et c’est ce panama traditionnel que nous avons déniché pour vous et que nous vous proposons ce jeudi 24 juin à 10h.

Une histoire de tresse

Ce chapeau, nous y travaillions initialement pour l’été dernier. Cela fait quelques années que Fulbert et Benjamin avait envie d’aller au cœur de ce savoir-faire inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco. -

Car ce savoir-faire réunit l’essence de ce que met en valeur Atelier Particulier : une matière naturelle, la paja toquilla, et un savoir-faire traditionnel, le tressage à la main, inscrit dans un terroir.

L’été dernier, nous n’avons pas pu vous le proposer à temps. Qui dit travail à la main dit quantité limitée… Et il nous a fallu beaucoup de patience, d’insistance et de persuasion pour trouver un partenaire qui nous dédie une partie de sa production.

Nous avons beaucoup échangé avec Angelica, qui dirige l’entreprise coopérative qui réunit quelques dizaines d’artisans de Cuenca. Et c’est peut-être parce que nous lui avons posé beaucoup de questions, que nous nous sommes intéressés au savoir-faire de ces artisans qu’elle a fini par céder et nous permettre d’acheter quelques dizaines d’exemplaires.

Puisque l’on a longuement échangé avec Angelica, voici comment l’on tresse un chapeau panama ! 

Tissé 100% à la main à partir de fibres séchées de carludovica palmata, le chapeau panama est commencé par la base – le haut du chapeau – et prend forme par des mouvements de tressage circulaires. Cette base est ensuite placée sur une forme de bois qui permet de poursuivre le tressage et d’incorporer de plus en plus de feuilles, jusqu’à devoir passer à la « jupe ».

L’importance du tressage

Quand on parle du savoir-faire du chapeau Panama, comment ne pas penser à l’étape du tressage. En plus de donner vie à la forme finale du chapeau, c’est cette étape qui marque la grande différence entre une pièce tressée à la main et un chapeau fabriqué à l’aide d’une machine.

Aussi, un chapeau Panama artisanal possède une petite rosace à l’intérieur du chapeau. C’est un signe de qualité et d’expertise que l’on ne peut obtenir qu’à l’aide de temps, de patience et d’huile de coude. À ce jour, aucune machine ne sait correctement imiter cette technique.

Enfin, il faut finir par le remate, le rebord de la jupe. Ici, on ressert les brins de paille avec une technique qui se nomme azocada et qui permet de couper le surplus de fibre et de garantir que le tissu ne s’effilochera pas dans le temps.  

C’est là que le chapeau panama passe à l’atelier.

Ici, notre Panama est lavé. Puis il est placé sur une forme afin de le figer dans sa forme après lavage. À ce stade de confection, les artisans œuvrent depuis plusieurs semaines sur la création du Panama. On estime qu’il faut entre 30 et 60 jours pour créer un Panama artisanal. L’étape du tressage est logiquement la plus longue. Elle oscille entre 10 et 30 jours selon l’habilité et l’expérience de l’artisan.

Enfin, les artisans le personnalisent. Nous avons fait le choix de l’intemporel : une large bande de cuir au tannage végétal, qui vient finir le chapeau et qui se nourrira du soleil dans le temps.  

Pour vous offrir notre Panama, rendez-vous ce jeudi 24 juin à 10h sur atelierparticulier.com

Comme toujours, nous sommes à votre disposition pour toute question,

Belle journée

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Fulbert, Benjamin & l’équipe AP