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Le lin, une fibre naturelle chargée d’Histoire

Qui ne connait pas le lin ? 

A travers les âges, cette fibre aux propriétés sans égal a été travaillée par l’Homme. Des rives du Nil à la cour du Roi-Soleil, il n’a eu de cesse de révéler ses propriétés à qui a su en tirer parti.

Dans cet article, nous vous proposons de remonter le temps pour en apprendre plus sur cette matière qui, chargée d’Histoire, est un must aujourd’hui chez Atelier Particulier.

Quel est le lien entre le lin et les hiéroglyphes ? 

Le berceau du lin est inattendu. Probablement domestiqué au XIème siècle avant Jésus-Christ, il le fut d’abord dans le Croissant fertile. Cette bande de terre s’étend au nord de la péninsule arabique et forme un pont entre la Mer Méditerranée et le Golfe persique.

Le croissant fertile. Un peu de géographie ne fait jamais de mal :)

De là, il fut adopté par l’Égypte des pharaons. On en trouve des traces archéologiques à partir du VIIIème siècle avant Jésus-Christ. Aux côtés du pois, des lentilles et de l’orge, le lin est l’une des 4 graines à la base de l’ère d’or de l’Égypte et de son développement comme l’une des civilisations les plus avancées à cette époque.

Le lin est le plus vieux textile du monde. La preuve, les Égyptiens le cultivait déjà il y a plusieurs millénaires.

Néanmoins, le lin était perçu différemment des 3 autres plantes. En Égypte ancienne, il fascinait déjà, comme il nous fascine encore aujourd’hui.

On le surnommait ainsi poétiquement « lumière de lune tissée ».

Et pour cause !

  • La blancheur de sa teinte en faisait l’emblème du sacré. Ainsi, les tenues des prêtres égyptiens étaient confectionnées en lin.  
  • Imputrescible, le lin était placé au cœur des rituels funéraires. C’est avec lui que l’on réalisait les bandelettes pour momifier les défunts.
    Le lin était à l’époque la matière la plus durable qui soit, il symbolisait donc l’immortalité de l’âme. C’est pourquoi l’on retrouve, encore aujourd’hui, trace de la fibre de lin dans les sarcophages et chambres mortuaires.
  • Au bord du Nil, les températures étaient élevées. Grâce à ses propriétés thermorégulatrices, le lin permettait de se protéger du soleil, et du climat chaud et humide. Encore aujourd’hui, l’image qui nous reste de Cléopatre est celle d’une femme au port altier, et arborant des tenues d’une blancheur immaculée… en lin !
Comment une momie peut-elle se conserver pendant des millénaires ? C’est en partie grâce à la fibre de lin.

Et si le lin avait fait les guerres ?

Importé en Europe il y a 2.000 ans environ, le lin y a éprouvé sa résistance.

On en connait en effet aujourd’hui le caractère respirant.

Mais l’on sait moins qu’il s’agit également d’une matière hautement résistante !

Tellement résistante que les Gaulois s’en servaient pour confectionner les voiles de leurs bateaux ! Résistante contre le déchaînement des éléments naturels, … mais résistante, aussi, à la guerre.

En effet, pour aller au combat, le célèbre conquérant Alexandre le Grand se paraît d’une armure. Et celle-ci n’était pas en métal, comme on pourrait le croire.

Mais en lin.

Alexandre le Grand, le plus grand conquérant de l’Antiquité et son armure de lin.

Composé de toiles de lin collés entre elles, ce linothorax présentait l’avantage d’être rigide et léger à la fois :

  • Léger, il permettait aux guerriers une grande liberté de mouvement
  • Rigide et absorbant les vibrations, il arrêtait flèches et coups d’épée de l’ennemi.

    Les fouilles à Alésia, haut lieu de combat entre Vercingétorix et César ont également démontré que le lin était, à cet âge, une arme de guerre. Loin de l’image champêtre de sa petite fleur bleutée.

Le lin, fibre clé du faste de l’Ancien Régime

Au temps de Louis XIV, l’usage du lin s’était démocratisé. Sa résistance, d’abord, en a fait le tissu parfait pour les travaux des champs.

Dans sa qualité première, il était, avec le chanvre, la fibre domestique végétale la plus courante pour les habits et le linge de maison. 

Les fibres les plus qualitatives, blanches, étaient l’apanage de l’aristocratie. Elles y faisaient confectionner leur linge de maison comme leurs dentelles les plus précieuses.

Sous l’Ancien Régime, aux XVIIème et XVIIIème siècle se fixa le bassin de la culture du lin dans sa région de prédilection, encore aujourd’hui. Bien que cultivé en Anjou, dans le Languedoc ou encore en Bretagne, c’est en Normandie que se fixa sa culture. Région qui représente, encore aujourd’hui, 80% de la culture de lin … mondiale.

La Normandie sait tout faire. Cultiver du lin, travailler le cuir, confectionner des lunettes …

De Normandie, le lin conquit les ors de Versailles. On le retrouvait partout : dans le linge de maison bien sûr. Mais aussi dans la garniture des sièges.

Et dans certains tissus, là encore pour sa résistance : il n’était pas rare qu’il constitue le fil dit « de chaine » des plus beaux velours de la cour.

Certains usages sont plus inattendus. Les historiens de Versailles ont retrouvé dans les comptes des Bâtiments du roi des commandes de toiles cirées en lin. Utilisées comme pare-soleil, elles l’ont également été comme bâches. Ainsi d’une commande de Colbert qui, lors de la construction du Trianon, utilisa ces bâches pour protéger la charpente de porcelaine qui était alors en construction.

Échantillons d'étoffe de la table du Roi collectés entre 1720 et 1736

Au travers des âges le lin s’est fait discret. Mais il a contribué aux grands comme aux moments les plus frivoles de l’Histoire.

Encore aujourd’hui, ses usages traduisent l’excellence de ses propriétés. Ainsi, le chef cuisinier Anne-Sophie Pic, sensible aux textures, dit apprécier tout particulièrement le toucher du lin. Elle en a d’ailleurs fait l’attribut essentiel de son restaurant gastronomique : nappes et serviettes de table y sont en lin.

Parions que le lin, quelques soient les progrès technologiques à venir, sera mis à contribution !