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Les 5 sens du savoir-faire

5.000

Savez-vous à quoi correspond ce nombre ?

Il s’agit du kilométrage aller-retour que l’équipe a passé sur la route des ateliers en 2019.

NB : c’est une estimation, nous n’avons pas compté au km près ;)

Une chose est sûre : dans notre quête quotidienne des savoir-faire, nous passons beaucoup de temps sur la route. Voiture, train et avion : tous les moyens sont bons pour ouvrir les portes des ateliers.

Sur la route des savoir-faire, les paysages sont souvent très beaux ! Ici, une petite photo de la campagne normande à 8h du matin

Pourquoi accordons-nous autant de temps à cette activité ?

  • On n’échange jamais mieux qu’en se rencontrant.
    Bien sûr, l’activité d’Atelier Particulier se fait sur Internet. Le téléphone, les mails ou Skype sont des outils du quotidien pour nous. Mais rien ne remplace de se voir, d’échanger, de porter le regard en même temps sur la matière et le savoir-faire. 
  • Le savoir-faire n’est pas un thème simple à traiter.
    C’est un sujet d’expert, où le langage et les pratiques diffèrent beaucoup de ce que nous connaissons tous. Des lors, si l’on veut remplir notre rôle de porte-parole du savoir-faire, il est important d’en être au plus proche. Dans l’atelier. Avec les artisans.
L'image n'est pas très propre, mais c'est aussi ça les ateliers. Des discussions (passionnantes) dans des situations originales. Ici, nous sommes dans la réserve des cuirs de l'atelier. Valentin et Jolhane échangent avec Lola sur le sourcing du cuir

Et nous avons mis cela en application par une petite visite à notre atelier normand. Avec eux, nous relançons nos ceintures en cuir. Nous y sommes allés, pendant la confection, pour tout vous dire du fonctionnement d’un atelier.

Par l’exemple.

Bienvenue au cœur du savoir-faire maroquinier !

Aucun rapport, mais nous aimons beaucoup cette photo ! Bravo à Yann Audic, notre photographe, pour ce shoot. https://www.yannaudic.com/

Nous allons commencer par casser une image d’Épinal que nous avons tous.

Quand on parle de savoir-faire et d’atelier, on imagine tous un petit artisan sexagénaire dans un petit atelier, penché sur un établi en bois. Rien ne pourrait être aussi loin du savoir-faire d’aujourd’hui.

Une porte d'atelier ? Non. Arrêtons avec les stéréotypes.

A taille humaine, nos ateliers sont loin d’être des mastodontes industriels. Par exemple, notre atelier de maroquinerie normand confectionne entre 15.000 et 20.000 pièces par an. Cela doit représenter 1h de ventes chez Zara dans le monde.

Loin d’être purement mécanisé, notre atelier possède néanmoins quelques machines bien utiles ! Et heureusement. Ces machines permettent d’assurer une confection de haut niveau.

Pour la piqûre par exemple, il est impensable aujourd’hui de demander à une couturière de ne pas utiliser sa machine à coudre.

La machine à coudre est un outil indispensable chez notre maroquinier. Elles sont toujours positionnées au plus proche des fenêtres pour offrir la meilleur visibilité aux couturières.

Quoiqu’il en soit, visiter un atelier éveille nos sens. Et, soyons honnête : la première fois, cela peut surprendre. Nos sens sont à l’affût. A l’affût de la moindre odeur nouvelle, du moindre crissement inconnu : entre l’agression et l’émerveillement, nos sens nous secouent. Tout est démultiplié.

Une chose est sûre : un savoir-faire se découvre avec ses 5 sens. Entrez avec nous dans notre atelier maroquinier normand. Et préparez-vous à être surpris.

#1 Ouvrez les yeux 

Entrer dans notre atelier normand, c’est être surpris dès la porte d’entrée. On n’a jamais vu ça. La porte n’est pas en bois ; pas de ferronnerie à l’horizon. Non. Le savoir-faire secoue toujours les habitudes. On est dans Star Trek : la porte détecte notre présence et s’ouvre. Et, là, ce sont nos yeux qui en prennent plein la vue.

Ils hésitent. Est-ce le foutras ? Est-ce une accumulation maitrisée ? En tout cas, ici, les machines côtoient les tables de travail. Sur celles-ci, des outils, des morceaux de cuir, des pots se perdent sans logique apparente.

Comment font-ils pour s’y retrouver ? Nul ne le sait.

Dans les backstage ! #nofilter

Au 1er artisan que l’on croise, on a envie de lui crier « Range ta chambre ! ».

Mais on est tellement surpris que l’on se tait.

Puis on comprend rapidement que chaque artisan possède son espace de travail. Et que chacun sait où sont ses affaires, et se crée un monde où « bordel » n’est pas un mot.

Et chacun de ces espaces reflète la polyvalence de chacun.

Prenons Catherine, par exemple. Avec ses 35 ans d’expérience, elle nous a dit :

‘’Dans l’atelier, au bout de quelques temps, on sait tout faire. Moi, je suis spécialiste de la piqûre. Mais je sais aussi bomber une ceinture ou teindre les tranches. Après, nous avons tous nos préférences.’’

Derrière cette phrase se cache une idée toute simple. Dans un atelier, la polyvalence est reine. Quand les délocalisations du siècle dernier ont fragilisé les savoir-faire en France, il fallait que les artisans aient plusieurs cordes à leur arc.

Pour Catherine, jongler entre les machines est un jeu d’enfant. Son espace de travail, bien qu’étant étendu, est parfaitement délimité. Selon ses besoins. Dans un atelier, il ne faut pas se fier aux apparences. Elles trompent. Toujours.

Si nos yeux de néophyte voient une accumulation d’objets, ceux des artisans y voient une organisation sans faille.

Une minute plus tôt, Catherine était à sa machine à coudre ! Elle s'occupe maintenant du réglage et de percer les trous.

#2 Sortez vos boules Quiès … ou pas

Imaginez un orchestre sans chef. Vous entendrez des bruits disparates, comme des notes jouées sans unité. Dans l’atelier, c’est pareil.

Il faut être attentif pour déceler les spécificités de chaque son dans le brouhaha ambiant : tintements des machines à coudre, claquements des machines à découper et percussion des marteaux forment un orchestre d’un nouveau genre.

L’orchestre du savoir-faire joue pour vous.

OMAC est un fournisseur italien très reconnu dans le domaine de la maroquinerie. Depuis 1956, l'entreprise équipe une grande partie des ateliers français.

Quand je parlais à Catherine, au début, j’étais un peu gêné. Le bruit ambiant ne me permettait pas de l’entendre distinctement. Mais, vite, le bruit devient accessoire.

Chacun est ici à sa tâche. On entend les bruits de la main au travail. Mais personne ne parle.

D’ailleurs, Catherine est comme ça. Je me suis souvent senti seul quand je lui posais des questions. Pas parce qu’elle est désagréable, au contraire. Mais il y a une priorité : finir ce que l’on est entrain de faire. Quand je lui parlais, Catherine piquait les ogives – la pointe de la ceinture - pour pouvoir faire les surpiqures. Elle ne me répondait à chaque fois que lorsqu’elle avait fini de s’occuper d’une ogive. 

Notre conversation était ponctuée du son saccadé de la machine à coudre de Catherine. Qui a une confidence à faire sur ce compagnon de jeu :

‘’Il y a peu, l’atelier a acheté de nouvelles machines à coudre. Mais je les aime moins. Il y a trop d’électronique. Je préfère ma vieille machine. Avec ma main, je sens que j’ai une maitrise parfaite. ‘’

Dans notre atelier maroquinier, la machine est au service de l’artisan. Jamais l’inverse. L’outillage mécanique doit aider l’artisan à être plus précis et performant. Sans oublier qu’il vient lui faciliter la tâche et éviter les plus pénibles d’entre elles.

Et gare à celui qui déséquilibre cette danse à deux. Même avec les meilleures intentions du monde, l’artisan préfère l’habitude du savoir-faire à la performance de la modernité.

 

#3 Crémez vos mains

Notre atelier possède une tradition riche d’une expérience de presque 40 ans.  

Nous en sommes à la 3ème génération de dirigeants mais certains artisans sont présents depuis le premier jour. Fidèles depuis 1984.

Alain en fait partie. Il est en charge de la sélection, de la vérification et de la découpe du cuir. En résumé, sa mission est de valoriser au maximum le potentiel d’une peau. Un rôle essentiel.

Pour verifier la peau, Alain la positionne sur une table d'une grande dimension. Environ 3m sur 2.

Un peu plus haut, nous vous parlions de la polyvalence des artisans de notre atelier. C’est un fait, la majorité des artisans peuvent travailler à tous les postes. Sauf celui d’Alain.

Son expertise, il la travaille sans relâche depuis de nombreuses années. Et même avec les avancées technologiques, aucune machine ne fait mieux que lui. Il est irremplaçable.

Car c’est un spécialiste du cuir. Sa connaissance des peaux n’a pas d’égal, il est capable de détecter le plus petit défaut d’un seul mouvement de main.

Lui-même nous le dit : « Mes mains ont des yeux. »

Aucune imperfection n’échappe à son regard, sa main.

C’est assez impressionnant à voir.

Un passage de main suffira pour repérer les zones à isoler.

Sa technique, lui permet de classer les peaux par ‘’grade’’ de qualité. Et la qualité, ce n’est pas forcement ce que vous pensez.

Nous vous partageons la vision d’Alain : 

‘’On parle beaucoup de qualité du cuir, mais il faut savoir qu’une tache ou un accroc, ce n’est pas un signe de mauvaise qualité. C’est purement esthétique ; cela n’a pas d’incidence sur la durabilité finale de la ceinture. Et la durabilité c’est ce qui compte le plus. En revanche, quand je vérifie une peau, je dois m’assurer qu’il n’y ait pas de fragilité ou de zone creuse dans le cuir. C’est ça le plus dangereux’’.

#4 Respirez à pleins poumons

Si un atelier stimule vos sens, l’odorat n’est pas en reste. Surtout chez un maroquinier. Une fois les portes passées, la première chose que vous sentirez ? Le cuir, bien sûr. Car il est omniprésent.

Sur des tables de découpe, des chevalets, des tables de couture, etc.

Le cuir est votre passion ? Alors, vous devez absolument entrer chez un maroquinier. Vous allez perdre la tête. Surtout que le meilleur est à venir.

Admirez la brillance de ce cuir grainé. C'est subtil et en même temps très fort. Le toucher est vraiment agréable !

En effet, tout bon maroquinier se doit de posséder une réserve de cuir. Notre atelier normand n’échappe pas à la règle.

Une pièce de 200 m², avec une hauteur sous plafond incroyable, stocke des milliers de peausseries. De la vachette, de l’agneau, de la chèvre, du cerf … Bref, l’éventail des possibles est infini.

Petit zoom sur des cuirs de la prestigieuse Tannerie du Puy !

Dans l’équipe, celui qui vous en parlera le mieux c’est Jolhane :

''Vous ne le savez sûrement pas mais j’adore le cuir. C’est à mes yeux une VRAIE matière noble.

Autant vous dire que lors de ma première visite normande, je suis resté un long moment bloqué dans la réserve. Je voulais tout sentir, tout toucher, tout comprendre. Lola, qui pilote une grande partie de l’atelier, a eu la gentillesse de m’expliquer comment elle choisissait leurs tanneries partenaires.

On parle beaucoup des cuirs français, italiens et anglais. Ce ne sont pourtant pas les seuls.

En Hollande par exemple, le cuir est d’excellente qualité.

Mais les quantités sont pour le moment assez restreintes.

Il faudra maintenant garder un œil sur le pays.

Vous l’aurez compris, j’adore le cuir et ses histoires. C’est certainement ma matière favorite. Je trouve que les marques du temps donnent beaucoup de charme à une pièce. Beaucoup plus qu’à une laine ou un cachemire. Plus un cuir sera marqué, plus il sera beau. ''

Par exemple, je suis un grand fan de mon porte-cartes en cuir patiné AP. Il a 3 ans aujourd'hui et chaque marque, chaque défaut lui donne un peu plus de charme.

Et, pour revenir au sens de l’odorat, sachez que j’aime tellement l’odeur du cuir que j’ai pour projet de faire confectionner un parfum qui s’inspire en partie de l’odeur du cuir.

#5 Et n’oubliez pas les charmes gustatifs de la campagne

Le goût ? Pour être honnête avec vous, il s’agit d’un sens qui n’est pas énormément stimulé dans un atelier de maroquinerie.

En revanche, à proximité de l’atelier, il y a une très bonne boulangerie. C’est notre arrêt favori pour déjeuner sur le pouce entre deux visites :)

Conclusion : tous les ateliers se ressemblent-ils ?

Attention, on ne peut pas généraliser le savoir-faire.

Son charme réside justement au fait que chacun a un fonctionnement qui lui est propre.

Et vous seriez même étonné de voir que deux ateliers qui semblent faire la même chose peuvent, parfois, le faire très différemment. Chez Atelier Particulier, on cherche toujours à comprendre l’ADN de chaque atelier. Car cela nous permet de comprendre quels produits on pourra réaliser avec lui, demain.

Entre deux étapes, Jolhane se prend pour un artisan. Pour l'annecdote, l'outil qu'il a en main est une alêne. C'est un outil à main qui sert à percer le cuir. Autant vous dire que les artisans ont rigolé quand il essayait de trifouiller la ceinture !

Dans la maroquinerie, il existe des spécialités : petite maroquinerie, gainage, sellerie, etc.

Chacune vient marquer de leur empreinte le savoir-faire et les habitudes des artisans et des chefs d’atelier.

Chez Atelier Particulier, par exemple, nous avons travaillé jusqu’à aujourd’hui avec 4 maroquiniers - 3 en France, 1 en Italie : aucun ne ressemble aux autres. Malgré les différences, il existe des points communs que nos ateliers partagent ! La passion du savoir-faire !